La place – Annie Ernaux

Fiche de lecture : « La place », d’Annie Ernaux

Fiche de lecture réalisée par N, élève en terminale ES.

Annie Ernaux :

Annie Ernaux, (née Annie Duchesne), le 1er septembre 1940 à Lillebonne. Annie Ernaux passe son enfance et sa jeunesse à Yvetot, en Normandie. Née dans un milieu social modeste, de parents d’abord ouvriers, puis petits commerçants, Annie Ernaux fait ses études à l’université de Rouen. Elle devient successivement institutrice, professeure certifiée, puis agrégée de Lettres modernes. Au début des années 1970, elle enseigne au collège d’Evire à Annecy, puis à Pontoise, avant d’intégrer le Centre National d’Enseignement à Distance.  Elle fait son entrée en littérature en 1974, avec « Les Armoires vides« , un roman autobiographique. En 1984, elle obtient le prix Renaudot pour un de ses ouvrages à caractère autobiographique, « La Place ».

 Résumé de l’oeuvre :

Le récit débute avec la mort du père de l’auteure, en juin 1967. Deux mois après que sa fille fût reçue au Capes de Lettres.La jeune femme accompagne sa mère dans les démarches administratives puis rentre chez elle, où elle forme le projet d’écrire sur la relation qu’elle entretenait avec son père. S’en suit l’histoire mouvementée, d’un homme d’origine paysanne, victime de son milieu et profondément effrayé par « les malins de la ville ».  Le père se replie sur lui-même et les disputes sont nombreuses au sein de la famille. Le lycée confronte la narratrice à un monde tout à fait différent de son cadre familial. C’est pour elle l’occasion de fréquenter un milieu bourgeois et de découvrir la littérature. Cette période marque l’éloignement avec son père et un rapprochement progressif avec sa mère.

L’école et la famille : deux mondes totalement différents

Au sein de son œuvre, Annie Ernaux, met en évidence le rôle joué par sa famille au cours de son enfance (son groupe d’appartenance), et le rôle joué par l’école primaire et plus tard l’enseignement secondaire et supérieur (groupe de référence).

Tous deux issus d’un milieu « populaire », les parents de l’auteure ont toujours éduqué leur fille dans un souci d’humilité et de plaisirs simples. Accompagné d’une éducation religieuse et de messes dominicales. Le père qui n’avait malheureusement jamais eu l’occasion d’apprendre à lire et à écrire étant plus jeune n’a jamais vraiment encouragé sa fille à persévérer dans les études supérieures. L’intérêt constant de la jeune fille pour la littérature devenait alors l’objet de discorde, car son père ne pouvait ni comprendre, ni partager son hobby. L’environnement de son enfance, traditionnel est majoritairement constitué d’ouvriers ou de petits commerçants était également porteur d’idées reçues et de préjugés sur les « gens de la ville » trop pédants, prétentieux, et méprisants. Le quotidien des habitants était réglé comme du papier à musique, toute action était surveillée au crible, chaque « faux pas » ou info compromettante étaient immédiatement relégués à l’ensemble de la ville.

De son côté, le cadre scolaire offrit à la jeune fille un tout nouvel environnement, au sein duquel on privilégiait l’enseignement, la rigueur et le sérieux au travail manuel. Les codes du « bon langage », lui tient enseigner, autant à l’oral qu’à l’écrit. Loin du patois de son père, la jeune fille jouissait également de cours de latin, de sciences et de langues étrangères. Elle pût y rencontrer des étudiants provenant de milieux différents du sien, tels que la « petite bourgeoisie », avec qui des liens apparurent par la suite. Confrontée à des individus plus cultivés, la jeune femme, aiguisa son sens du goût dans de nombreux domaines (musique, luxe, vêtement, cinéma, littérature   décoration, etc..), et ainsi se construit une toute nouvelle culture, loin de ce qu’elle connaissait auparavant.

Ces instances : Moteur ou frein à la mobilité sociale ?

Si l’auteure a connu une véritable ascension sociale au cours de sa vie, celle-ci n’est pas sans raison.

D’une part, sa famille en tant que groupe d’appartenance, l’a confrontée à la dure réalité du monde ouvrier, un monde qui ne vous fait aucun cadeau, et ce peu importe votre âge, des métiers usants et non reconnus à leur juste valeur, peu payés, fatiguants et laissant des séquelles sur votre corps. Ce qui d’une certaine façon a été un moteur d’ascension sociale. Cependant sa famille a également joué le rôle de frein, car la jeune fille ne jouissait que d’un capital économique modeste, d’un capital culturel très faible, de peu de relations avantageuses, et d’aucun prestige lui étant propre.

Heureusement pour elle, l’école a pallié ce manque de ressources. Son capital culturel décuplait, ainsi que son réseau de relations prestigieuses lui ouvrant de nouvelles portes professionnelles haut placées. Petit à petit la jeune femme se taillait un nom et une réputation dans le monde des intellectuels, ce qui la poussait sans cesse à évoluer pour ainsi améliorer sa condition, ne manquer de rien, et être parfaitement indépendante et accomplie, ce qui en fin de compte la mena à créer sa propre place dans la société.

Comprendre la taxe carbone en huit questions

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/12/07/comprendre-la-taxe-carbone-en-huit-questions_5394292_4355770.html

Source : Le Monde, « Les décodeurs »

Le gouvernement a renoncé à augmenter en 2019 cette contribution sur les émissions de CO2 qui renchérit le prix des carburants.

Par Anne-Aël Durand Publié le 07 décembre 2018 à 18h54 – Mis à jour le 07 décembre 2018 à 18h54

Temps deLecture 6 min.

 

Face au mouvement des « gilets jaunes », le gouvernement a annoncé, mercredi 5 décembre, une annulation de la hausse de la taxe carbone, qui aurait dû passer de 44,60 à 55 euros la tonne au 1er janvier.Cette « composante carbone », qui renchérit le coût du carburant et du gaz, a été instaurée en 2014, et devait augmenter tous les ans. Mais cette taxe, qui a peiné à se mettre en place, est impopulaire et critiquée même parmi les défenseurs de l’environnement.

Lire l’entretien (en édition abonnés) : « Opposer climat et “gilets jaunes” est une folie »

D’où vient cette idée de taxe carbone ?

L’idée de « donner un prix au carbone » pour limiter les émissions de gaz responsables du changement climatique a été évoquée lors du protocole de Kyoto en 1997. La « taxe carbone » sur les énergies fossiles, comme le gaz, le pétrole et leurs dérivés, qui émettent beaucoup de CO2, faisait partie du pacte écologique que Nicolas Hulot avait fait signer aux candidats à la présidentielle en 2007.

Il s’agissait de créer une contribution d’un montant d’abord symbolique, qui augmenterait progressivement et régulièrement pour inciter les particuliers et entreprises le temps de s’adapter (par exemple en changeant de voiture, en isolant les bâtiments, en s’équipant de machines moins consommatrices…)

Depuis quand existe-t-elle en France ?

La taxe actuelle a vu le jour en 2014, après deux tentatives ratées :

  • en 2000, le gouvernement de Lionel Jospin avait voulu étendre aux produits énergétiques la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP, réservée aux déchets) avec le double objectif de lutter contre le changement climatique et financer les 35 heures. Mais la mesure avait été censurée par le Conseil constitutionnel, parce que sa portée écologique était peu claire, et parce qu’elle s’étendait à l’électricité, qui émet pourtant peu de CO– le nucléaire étant, en France, la principale source de production d’électricité ;
  • en 2009, après le Grenelle de l’environnement, Nicolas Sarkozy avait instauré une contribution climat-énergie (CCE)… qui a été à son tour censurée par les « sages », au motif que les multiples exceptions sectorielles qui l’accompagnaient créaient une rupture de l’égalité devant l’impôt.
Lire aussi  La taxe carbone et le Conseil constitutionnel : une histoire de désamour

En 2014, le gouvernement Ayrault a relancé l’idée, non pas en présentant la taxe carbone comme un nouvel impôt écologique, mais comme une « composante carbone » (CC) introduite par la loi de finances dans le calcul de la taxe intérieure de consommation des produits énergétiques (TICPE), du gaz naturel (TICGN) et du charbon (TICC) – mais pas dans la taxe sur l’électricité.

Comment fonctionne cette taxe ?

La composante carbone s’intègre aux taxes sur l’énergie, en fonction de la quantité de gaz à effet de serre émise par un produit. Exprimée en euros par tonne de CO2, elle est payée par les particuliers et les entreprises, et intégrée au prix final de l’essence, du gazole, du fioul ou du gaz naturel. Elle est aussi soumise à la taxe sur la valeur ajoutée.

Le niveau de cette composante carbone augmente régulièrement pour donner un signal prix, incitant à réduire l’usage des énergies fossiles. Elle est déjà passée de 7 euros en 2014 à 44,60 euros en 2018, et, selon la loi de finances votée pour 2018, elle devait encore doubler d’ici à la fin du mandat d’Emmanuel Macron, pour atteindre 100 euros en 2022.

La taxe carbone aurait dû augmenter de 44,60 à 55 euros la tonne en 2019, et jusqu’à 86 euros en 2020

Pourquoi le gouvernement change-t-il d’avis maintenant ?

Jusqu’en 2017, la taxe, qui a pourtant quadruplé, était passée relativement inaperçue, puisqu’elle avait été compensée par une forte baisse des cours mondiaux du pétrole. Mais la remontée conjointe des prix du baril et de la composante carbone (décidée par le gouvernement) ont rendu plus visible fin 2018 cette taxe auparavant assez indolore. L’augmentation annuelle de la taxe carbone se cumule avec des rattrapages de fiscalité décidés pour faire converger l’essence et le diesel (+ 2,6 centimes par an), et aboutit à une augmentation nette et rapide des taxes intérieures sur l’énergie.

Evolution prévue des taxes sur le gazole, le fioul et l’essence jusqu’en 2022

En se basant sur la hausse prévue de la taxe carbone, sur la convergence essence-gazole et sur d’autres mesures fiscales

0 cts20 cts40 cts60 cts80 cts100 ctsGaz naturel ménages (pour 10 KWh PCS)Charbon (pour 10 KWh)Gazole (par litre)Essence E5 (par litre)Essence E10 (par litre)Fioul domestique (par litre)Fioul lourd (par kilo)2013201420152016201720182019202020212022

2017
● Gaz naturel ménages (pour 10 KWh PCS) : 5,88 centimes d’euro
● Charbon (pour 10 KWh) : 9,99 centimes d’euro
● Gazole (par litre) : 53,07 centimes d’euro
● Essence E5 (par litre) : 65,07 centimes d’euro
● Essence E10 (par litre) : 63,07 centimes d’euro
● Fioul domestique (par litre) : 11,89 centimes d’euro
● Fioul lourd (par kilo) : 9,54 centimes d’euro

prévisions
(avant le gel de la hausse
de la taxe carbone)

L’ensemble de ces hausses a alimenté la colère des « gilets jaunes ». C’est pour apaiser le climat social que le premier ministre a d’abord annoncé unesuspension pour six mois de la hausse, puis une annulation pour l’ensemble de l’année 2019. Cela ne signifie pas que la taxe carbone a été abandonnée : elle restera simplement à son niveau de 2018, sans que l’on sache ce qu’il adviendra par la suite (décalage d’un an, rattrapage en 2020…).

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A quoi sert l’argent ?

Au fil des augmentations, la composante carbone finit par générer des recettes fiscales d’un montant élevé, passant de 0,3 milliard d’euros la première année à 3,8 milliards en 2016 et plus de 9 milliards prévus en 2018. Selon la loi pour la transition énergétique, la hausse de la taxe carbone doit être compensée « par un allégement de la fiscalité pesant sur d’autres produits, travaux ou revenus » : en 2016, elle a ainsi financé le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) à hauteur de 3 milliards d’euros. Mais, dans les faits, les sommes perçues sont incluses dans la TICPE et les autres taxes sur la consommation d’énergie, dont seulement une partie (environ 20 % en 2017) est directement fléchée vers le compte d’affectation spécial « transition énergétique ».

Qui paie la taxe carbone ?

Le principe est de toucher l’ensemble des consommateurs d’énergie fossile, particuliers et entreprises, pour les inciter à changer leurs pratiques. Mais dans les faits, il existe de nombreuses exonérations ou remboursement de taxe carbone, comme le rappelle un récent rapport du think tank Institute for Climate economics (I4CE).

Certains usages sont exonérés en vertu d’accords internationaux ou de directives européennes : le transport aérien et maritime international, la fabrication de ciment ou de verre, les doubles usages (combustible et carburant)… D’autres secteurs bénéficient d’exonérations ou de réductions décidées au niveau français : les transports aériens et fluviaux nationaux, les taxis, le transport routier de marchandises, les transports en commun, les usages agricoles, le gazole non routier dans le BTP… En revanche, la taxe carbone ne s’applique pas aux industries les plus polluantes, qui sont soumises à un autre mécanisme : le système européen de quotas d’émission ou « marché carbone ».

Quelle différence entre la taxe carbone et le marché carbone ?

Contrairement à la taxe carbone, qui est un dispositif fiscal, le système européen de droits d’émission, mis en place depuis 2005, est incitatif et soumis aux lois du marché. Il concerne 11 000 installations industrielles (centrales électriques, réseaux de chaleur, acier, ciment, raffinage, verre, papier, chimie…) représentant 45 % des émissions de l’UE.

Elles reçoivent un quota d’émissions de CO2 correspondant en quelque sorte à un « droit à polluer » et peuvent ensuite s’échanger ces quotas dans le cadre d’un marché carbone. Jusqu’en 2012, la quasi-totalité était allouée gratuitement, puis une partie a été mise aux enchères.

Mais en raison de ces nombreux quotas gratuits, le coût du CO2 sur le marché carbone européen est longtemps resté très bas, descendant même sous les 5 euros la tonne en 2017, avant de remonter à près de 20 euros fin 2018. L’association Attac France, opposée au marché carbone, a récemment dénoncé dans un communiqué l’« injustice » de ce double système où les ménages doivent payer 44,60 euros par tonne de COémise alors que les entreprises polluantes bénéficient d’exonérations et d’un cours du CO2 bien plus avantageux.

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Et dans les autres pays, comment ça se passe ?

La France n’est pas la seule à donner un prix au carbone pour limiter les émissions polluantes. Selon un rapport de l’I4CE, 46 pays – dont l’ensemble des Etats membres de l’UE – et 26 provinces – Québec, Ontario, Alberta, Californie… – représentant 60 % du PIB mondial, ont mis en place une taxe carbone ou un système d’échange de quotas d’émissions.

Ces instruments de tarification du carbone ont généré 26 milliards d’euros de revenus en 2017. Mais comme en France, l’usage n’est pas toujours lié directement à l’écologie. Selon le décompte de l’I4CE, seuls 46 % des revenus sont affectés à des projets « bas carbone », alors que 44 % sont reversés au budget général des Etats.

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Anne-Aël Durand

Grève mondiale des lycéens pour le climat

Vendredi 15 mars

L’expression « développement durable » est apparue pour la première fois en 1987 dans le rapport Brundtland réalisé par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’Organisation des Nations unies, «le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». 

Les générations futures :  elles sont là maintenant !

https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/climat-les-lyceens-se-mobilisent_3235037.html

Avec le décalage horaire, ce sont les lycéens de Nouvelle-Calédonie qui ont lancé cette journée pour le climat. Il y a eu un défilé bruyant à Nouméa, qui s’est terminé jusqu’au siège du gouvernement. Le débat était prévu à l’avance, et les revendications sont concrètes. « J’espère vraiment que le débat qui a eu lieu aujourd’hui ne va pas finir aux oubliettes, que le gouvernement va en tenir compte. C’est vraiment quelque chose qui me tient à cœur », explique un militant.

Blocages et déchets

L’ambiance était bien plus fraîche à Paris, vendredi 15 mars. Des étudiants et lycéens s’étaient donné rendez-vous à la défense, où ils ont bloqué l’accès au siège de la Société Générale, à l’heure de pointe. « On est ce matin dans la Société Générale pour dénoncer ses investissements dans les énergies fossiles et polluantes », explique une lycéenne. La journée d’actions prend diverses formes, comme à Bédarieux (Hérault) où des groupes avaient organisé une journée de ramassage des déchets.

Les gilets jaune: social, politique, vilence

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Wieviorka-Michel-de-Tricornot-Adrien-Les-gilets-jaunes-social-politique-et-violence_3746759.html?fbclid=IwAR26tR7T1p_4Xug6NE1mDn73Gu3NKINIJMuO-aAIJEGZuhJt5pTqw87IMWE

Xerfi Canal a reçu Michel Wieviorka, sociologue et Président de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH), pour parler du mouvement des gilets jaunes.

Une interview menée par Adrien de Tricornot.

 

La prime d’activité

https://www.europe1.fr/societe/prime-dactivite-quelles-sont-les-demarches-pour-en-beneficier-3851690

La prime d’activité revalorisée et élargie entre en scène. Les premiers versements de cette mesure, annoncée en décembre par Emmanuel Macron pour répondre à la crise des « gilets jaunes », doivent être effectués aux bénéficiaires à partir du mardi 5 février. Au total, 5 millions de foyers sont désormais éligibles.

Qui peut en bénéficier ?

La prime d’activité est versée, sous conditions de ressources, aux salariés, fonctionnaires et travailleurs indépendants de plus de 18 ans résidant en France. Les étudiants salariés et apprentis sont éligibles à partir de 932 euros de salaire net. 3,5 millions de foyers en bénéficient actuellement.

Quelles sont les conditions de ressource ?

La prime est versée sous conditions de ressources, en fonction d’un calcul complexe. Seuls les travailleurs qui touchent entre 0,5 Smic (environ 585 euros nets) et 1,5 Smic (environ 1.800 euros nets) sont concernés. Attention, sont également pris en compte les autres ressources éventuelles de votre foyer, comme les aides sociales (APL, prestations familiales, indemnités maladie…), et les salaires perçus par votre conjoint. Sachez également que les seuils précis pour être éligibles dépendent de la situation familiale de chaque foyer.

Quelles sont les démarches ?

Si vous touchez déjà la prime d’activité, il n’y a aucune démarche à effectuer. La prime revalorisée vous sera automatiquement versée le 5 février sur votre compte en banque. Vous devez cependant continuer à déclarer vos ressources en ligne tous les trimestres pour continuer à en bénéficier.

Le versement de la prime d’activité n’est cependant pas automatique. Il faut au préalable faire une simulation sur le site www.caf.fr, ou bien de la MSA (mutualité sociale agricole) si vous dépendez du régime social agricole. Il est nécessaire pour cela de renseigner notamment les salaires ainsi que les prestations sociales perçues lors des trois derniers mois. En cas de réponse positive, vous pouvez faire la démarche sur le site de la CAF, ou auprès des points d’accueil de la CAF ou d’une Maison de services au public.

Après examen de votre dossier, vous recevrez une notification d’attribution de la prime d’activité pour une période de trois mois. Précision importante : il vous faudra ensuite, chaque trimestre, déclarer sur internet l’ensemble de vos ressources, pour une éventuelle réévaluation de la prime d’activité.

Quelles sont les dates à respecter ?

Pour toucher la prime en février, la demande devait être effectuée avant le 31 janvier. Mais le versement n’est pas rétroactif. Pour pouvoir toucher la prime en mars, il vous faudra effectuer vos démarches  avant le 25 février.

Les Etats-Unis en tête de la production mondiale de pétrole

Mercredi 13 mars 2019, France Inter, « Histoires économiques »

https://www.franceinter.fr/emissions/histoires-economiques/histoires-economiques-13-mars-2019?fbclid=IwAR1A-4TjfGeGeNUV0TvxYS2zIqHDfGQv835Zr9DZA7oCXkm-FoYxIA5YUIQ

D’ici deux ans, les Etats-Unis exporteront plus de pétrole qu’ils en importent. Et c’est une vraie révolution.

Jamais les Etats-Unis  n’ont produit autant de pétrole. L’an dernier, 15,5 millions de barils sont sortis chaque jour de terre, soit près de 15% de la production mondiale. En quelques années, l’Amérique est tout simplement devenue le premier producteur de la planète, devant l’Arabie saoudite et la Russie.

En 2021, et ce sera une première depuis la seconde guerre mondiale, elle sera exportateur net, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie publié en début de semaine.  Et ce n’est pas tout : dans cinq ans, le pays sera même tout près de devenir le premier exportateur mondial, juste derrière l’Arabie saoudite.

Trois mots pour expliquer une telle accélération: gaz de schiste

L’essentiel de la hausse de la production de ces dernières années provient de pétrole et de gaz extraits par fracturation hydraulique. Il s’agit d’une technique qui consiste à injecter de l’eau, du sable et des produits chimiques sous très haute pression pour pouvoir récupérer les hydrocarbures. Ce pétrole a longtemps été très cher à sortir. Mais grâce aux innovations récentes, l’extraction est aujourd’hui rentable à 50 dollars, ce qui ouvre de formidables perspectives aux pétroliers qui ne se privent pas de multiplier les forages au Texas et ailleurs…

D’autres pays profitent de ce pétrole et de ces gaz de schiste

En Argentine, en Chine, en Australie. En Europe, la Pologne, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et même la France ont envisagé des campagnes de prospection avant d’abandonner, parce que les résultats ont été décevants, et surtout, comme en France ou en Allemagne, parce que la fracturation hydraulique a été interdite pour des raisons environnementales.

Aux Etats-Unis, le pétrole va devenir le symbole de cette nouvelle prospérité

C’est en tout cas l’illustration de l’incroyable puissance économique américaine. Puissance économique que l’on a eu trop tendance à négliger ces dernières années tant les regards se sont portés sur le boom chinois. Car qu’observe-t-on aujourd’hui?  L’Amérique est indépendante en pétrole et va très prochainement empocher des dizaines de milliards de dollars chaque année grâce à ses exportations d’or noir et de gaz. L’Amérique, c’est toujours la première place financière mondiale.  Avec ses Gafa, ses labos et sa Silicon Valley, les États Unis c’est aussi la révolution numérique, l’intelligence artificielle, le big data, les biotechnologies. Alors « America is back » comme dit Donald Trump ? C’est surtout que depuis plus d’un siècle, les Etats-Unis ont toujours su se remettre en question, ont toujours su innover et n’ont jamais décroché.

 

En 40 ans, la mobilité sociale des femmes a progressé, celle des hommes est restée quasi stable

https://www.insee.fr/fr/statistiques/3733096

Marc Collet et Émilie Pénicaud, division Études sociales, Insee

En 2015, 65 % des hommes âgés de 35 à 59 ans relèvent d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur père, une proportion quasi stable depuis quarante ans. 28 % des hommes occupent une position sociale plus élevée que celle de leur père et 15 % une position inférieure. Les trajectoires ascendantes comme descendantes sont plus fréquentes qu’en 1977 (respectivement 24 % et 7 %).

En 2015, 71 % des femmes âgées de 35 à 59 ans relèvent d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur mère, soit 12 points de plus qu’en 1977. 40 % des femmes occupent une position sociale plus élevée que celle de leur mère et 12 % une position plus basse. Leurs trajectoires sont donc globalement plus favorables que celles des hommes comparés à leur père. Cependant, si les femmes occupent fréquemment une position sociale plus élevée que leur mère, cela n’est toujours pas le cas par rapport à leur père : 25 % des femmes ont connu une trajectoire descendante par rapport à leur père et 22 % un parcours ascendant.

 

En 40 ans, la mobilité sociale des hommes est restée quasi stable

En 2015, 65 % des hommes français âgés de 35 à 59 ans, actifs occupés ou anciens actifs occupés, relèvent d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur père (figure 1). Durant les quatre dernières décennies, ce taux de mobilité sociale intergénérationnelle est resté globalement stable : après avoir légèrement augmenté entre 1977 et 1993 (+ 3 points, de 64 % à 67 %), il a ensuite diminué de manière modérée (– 2 points) pour s’établir en 2015 quasiment au niveau de 1977.

Affichage de l’onglet contenant le tableau ou de l’onglet contenant le graphique

La mobilité sociale des hommes est de moins en moins liée à l’évolution de la structure des emplois

Une partie de la mobilité sociale masculine observée en 2015 résulte directement de l’évolution de la structure des emplois entre les générations d’hommes nés entre 1955 et 1980 et celles de leur père. Cette mobilité dite « structurelle » reflète les profonds changements de la société française depuis la fin des Trente Glorieuses : poursuite du déclin de l’emploi agricole, baisse de l’emploi industriel, salarisation et tertiarisation croissantes de l’économie se sont traduites par une baisse du nombre de travailleurs indépendants et d’ouvriers, au profit des emplois de cadres et professions intermédiaires. En 2015, 24 % de la mobilité sociale masculine observée correspond à de la mobilité « structurelle ».

Depuis la fin des années 1970, la structure des emplois des hommes est de plus en plus proche de celle de leurs pères. La part de la mobilité « structurelle » s’est ainsi nettement réduite (elle était de 40 % en 1977) et les mouvements qui n’y sont pas liés ont donc fortement augmenté au cours des quatre dernières décennies.

28 % des hommes occupent en 2015 une position sociale plus élevée que celle de leur père

En 2015, 43 % des hommes ont connu une mobilité sociale verticale (ascendante ou descendante, entre catégories socioprofessionnelles de salariés) et 23 % une mobilité non verticale (de statut, entre catégories non salariées et salariées, ou horizontale, entre catégories non salariées). Au cours des quatre dernières décennies, la mobilité non verticale des hommes a fortement baissé à la suite de la forte décroissance de l’emploi non-salarié. A contrario, leur mobilité verticale s’est renforcée : elle était de 31 % en 1977.

Les mouvements ascendants sont majoritaires au sein de la mobilité verticale [Vallet, 2014]. Entre 1977 et 2003, les hommes âgés de 35 à 59 ans ayant connu une ascension sociale par rapport à leur père étaient environ 3 fois plus nombreux que ceux dont la trajectoire a été descendante. Cette prédominance des mouvements ascendants s’est cependant réduite depuis : en 2015, ils ne sont plus que 1,8 fois plus nombreux que les descendants.

Depuis 40 ans, mobilités ascendante et descendante ont en effet évolué différemment. En hausse de plus en plus modérée de 1977 à 2003, la mobilité ascendante a ensuite diminué : en 2015, 28 % des hommes occupent une position sociale plus élevée que celle de leur père, contre 24 % en 1977 mais 31 % en 2003. La mobilité descendante a, elle, progressé de plus en plus : en 2015, elle concerne 15 % des hommes, soit deux fois plus qu’en 1977 (7 %).

Ascendants ou descendants, les trajets de mobilité masculine sont courts

Les mobilités des hommes s’effectuent le plus souvent entre catégories socialement « proches » [Dupays, 2006 ; Merllié, 2013″]. C’est le cas pour les mouvements ascendants : en 2015, 44 % des fils d’employés ou d’ouvriers non qualifiés sont devenus employés ou ouvriers qualifiés, mais seuls 19 % exercent une profession intermédiaire et 8 % sont cadres (figure 2). Pour leur part, 27 % des fils d’employés ou d’ouvriers qualifiés exercent une profession intermédiaire, mais seulement 13 % sont cadres.

Les mouvements descendants sont également courts : par exemple, 25 % des fils de cadres exercent une profession intermédiaire, mais seulement 4 % sont employés ou ouvriers non qualifiés.

Les hommes dont le père occupait une position sociale basse sont davantage concernés par des trajectoires ascendantes que descendantes. Par exemple, 40 % des fils d’employés ou d’ouvriers qualifiés ont connu une mobilité ascendante et 10 % une mobilité descendante, contre respectivement 27 % et 34 % des hommes dont le père exerçait une profession intermédiaire.

Figure 2 – Destinées sociales des hommes selon l’origine sociale de leur père en 2015

  • Lecture : en 2015, 27 % des fils d’agriculteurs exploitants exercent eux-mêmes cette profession, 9 % sont cadres et 27 % sont devenus employés ou ouvriers qualifiés.
  • Champ : France métropolitaine, hommes français actifs occupés ou anciens actifs occupés, âgés de 35 à 59 ans au 31 décembre de l’année d’enquête.
  • Source : Insee, enquêtes Formation et qualification professionnelle 2014-2015.

La mobilité sociale des femmes par rapport à leur mère progresse de 12 points en 40 ans

Hormis quelques études [Peugny, 2014 ; Vallet, 2014 ; Razafindranovona, 2017], les analyses de la mobilité sociale ne portent que sur les hommes. Le faible taux d’activité des femmes et les caractéristiques de leurs emplois ont en effet longtemps rendu difficile la comparaison de leur position professionnelle, avec celle de l’un ou l’autre de leur parent. Au cours des dernières décennies, les comportements d’activité des femmes se sont cependant rapprochés de ceux des hommes. Il est désormais possible de s’intéresser à leur mobilité sociale, en comparant leur catégorie socioprofessionnelle à celle de leur mère, même si la moindre participation au marché du travail de ces dernières limite le champ d’analyse (sources).

En 2015, 71 % des femmes françaises de 35 à 59 ans, actives occupées ou anciennes actives occupées, appartiennent à une autre catégorie socioprofessionnelle que celle de leur mère, encore en emploi ou l’ayant été (figure 3). En 40 ans, ce taux de mobilité sociale féminine a connu une forte hausse de 12 points, concentrée entre la fin des années 1970 et le début des années 1990. Inférieur de 5 points à celui des hommes par rapport à leur père en 1977, il le dépasse de 6 points en 2015.

Une partie de la mobilité sociale des femmes par rapport à leur mère est directement liée à l’évolution intergénérationnelle de leurs professions. Stable autour de 43 % entre 1977 et 1993, la part de cette mobilité dite « structurelle » a ensuite diminué de 8 points pour atteindre 35 % en 2015. Cette baisse plus modérée que celle observée pour les hommes montre que la structure des emplois féminins s’est davantage modifiée ces quarante dernières années que celle des emplois masculins.

3,4 fois plus de mobilité ascendante que descendante pour les femmes comparées à leur mère

Depuis 40 ans, la mobilité non verticale des femmes par rapport à leur mère a fortement diminué, encore plus que pour les hommes, le déclin des travailleuses non salariées étant intervenu plus tôt. Dans le même temps, l’expansion de leur mobilité verticale a été plus forte que celle des hommes : depuis 1977, le taux de mobilité verticale a plus que doublé pour atteindre 52 % en 2015. Il dépasse ainsi de 9 points celui des hommes, alors qu’il était inférieur de 8 points 40 ans plus tôt.

Au sein de la mobilité verticale, la part des mouvements ascendants est plus importante pour les femmes que pour les hommes. En 2015, les femmes en ascension sociale par rapport à leur mère sont 3,4 fois plus nombreuses que celles concernées par un recul. Ce rapport est légèrement plus élevé qu’en 1977 (ratio de 3,0). En effet, en 2015, 40 % des femmes occupent une position sociale plus élevée que leur mère, soit 2,4 fois plus qu’en 1977 (17 %) ; sur cette période, la proportion de celles qui ont connu une trajectoire descendante a été multipliée par 2,1 pour s’élever à 12 % en 2015.

Plus de mobilité descendante pour les filles de mère cadre que pour les fils de père cadre

La mobilité intergénérationnelle est plus favorable pour les femmes que pour les hommes. Cela s’explique en grande partie par le niveau socioprofessionnel des mères nettement inférieur à celui des pères. Les mouvements ascendants sont en effet d’autant plus fréquents que le parent occupe une position basse dans l’échelle sociale.

Certaines destinées sociales des femmes par rapport à leur mère sont proches de celles des hommes comparés à leur père. Ainsi, en 2015, 30 % des filles d’employées ou d’ouvrières qualifiées exercent une profession intermédiaire et 15 % sont cadres, des parts proches de celles des fils comparés à leur père (respectivement 27 % et 13 %) (figure 4).

Pour d’autres destinées sociales, des écarts existent selon le genre. Par exemple, les filles d’une mère cadre ont connu plus fréquemment des trajectoires descendantes que les fils d’un père cadre : 32 % des premières exercent une profession intermédiaire et 10 % sont employées ou ouvrières non qualifiées, contre respectivement 25 % et 4 % des seconds.

Figure 4 – Destinées sociales des femmes selon l’origine sociale de leur mère en 2015

  • Lecture : en 2015, 8 % des filles d’agricultrices exploitantes exercent elles-mêmes cette profession, 11 % sont cadres et 33 % sont devenues employées ou ouvrières qualifiées.
  • Champ : France métropolitaine, femmes françaises actives occupées ou anciennes actives occupées, âgées de 35 à 59 ans au 31 décembre de l’année d’enquête.
  • Source : Insee, enquête Formation et qualification professionnelle 2014-2015.

Par rapport à leur père, les trajectoires des femmes sont plus souvent descendantes

Comparer la position socioprofessionnelle des femmes à celle de leur père apporte un éclairage complémentaire.

En 2015, 70 % des femmes françaises âgées de 35 à 59 ans, actives occupées ou anciennes actives occupées, relèvent d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur père (figure 5). Malgré un ralentissement à partir de 1993, ce taux n’a cessé de croître depuis la fin des années 1970 (+ 6 points) ; en 2015, il est au même niveau que leur taux de mobilité comparées à leur mère (71 %).

Si la mobilité verticale des femmes par rapport à leur mère est majoritairement ascendante, elle est au contraire plus souvent descendante par rapport à leur père. En 2015, 25 % des femmes âgées de 35 à 59 ans occupent une position sociale inférieure à celle de leur père (contre 12 % des femmes comparées à leur mère), alors que 22 % ont connu une trajectoire ascendante (contre 40 %).

Cette prédominance des mouvements descendants s’atténue lentement depuis 40 ans : en effet, le taux de mobilité ascendante des femmes par rapport à leur père a un peu plus progressé que leur taux de mobilité descendante (+ 9 points contre + 7 points).

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61 % des filles d’un père cadre occupent une position sociale moins élevée

La moindre fréquence des trajectoires ascendantes des femmes comparées à leur père plutôt qu’à leur mère s’observe quelle que soit la catégorie sociale du parent. Par exemple, en 2015, 20 % des femmes dont le père exerçait une profession intermédiaire sont cadres (figure 6), contre 29 % lorsque leur mère était profession intermédiaire.

À l’inverse, à catégorie sociale du parent donnée, les filles connaissent plus souvent une trajectoire descendante par rapport à leur père que par rapport à leur mère. Ainsi, 61 % des filles d’un père cadre occupent une position sociale inférieure (contre 53 % des filles d’une mère cadre) : 34 % sont professions intermédiaires (contre 32 %) et 27 % employées ou ouvrières, qualifiées ou non (contre 22 %).