General Electric va développer une éolienne géante en France

http://www.lemonde.fr/economie/article/2018/03/01/general-electric-va-developper-une-eolienne-geante-en-france_5264240_3234.html#SP4BBdgT17U3reRi.99

LE MONDE ECONOMIE | 

Par Philippe Jacqué et Nabil Wakim

Après Walt Disney, c’est au tour d’un autre poids lourd américain de faire une annonce importante pour la France. Le conglomérat General Electric (GE) a annoncé, jeudi 1er mars, le lancement de la plus puissante et performante éolienne en mer au monde : l’Haliade-X, dotée d’un générateur de 12 mégawatts (MW). C’est quasiment 50 % de plus que ce que proposent ses concurrents Vestas et Siemens Gamesa, qui dominent le marché européen.

Cette géante de 260 mètres de haut portera les plus grandes ­pales jamais utilisées et devrait être disponible à partir de 2021. Mais elle ne sera pas, pour l’instant, visible le long des côtes françaises. En effet, la France accuse un retard important dans le domaine de l’éolien offshore. Les ­appels d’offres lancés en 2011 pour des parcs éoliens au large de la Bretagne et de la Normandie n’ont toujours pas vu le jour.

GE Renewable, la filiale du groupe américain, qui est revenu sur ce marché à l’occasion de l’achat d’Alstom en 2015, espère surtout que cette nouvelle ­éolienne permettra de relancer son activité dans les énergies ­renouvelables. Et c’est en France que le groupe a décidé d’investir une grosse moitié des 400 millions de dollars (environ 330 millions d’euros) dévolus au lancement de cette éolienne.

Ainsi, 100 millions de dollars ­seront investis dans l’usine de Cherbourg (Manche), qui appartient à sa filiale LM Wind Power, et qui fabriquera les pales de 107 mètres de long qui viendront équiper les éoliennes. Cette usine, qui doit ouvrir en 2018, devrait créer « au moins 550 emplois directs et 2 000 emplois indirects », estime l’industriel, qui a déjà commencé les recrutements.

Concentration sur l’export

A cela s’ajoutent 60 millions de dollars investis dans la modernisation de l’usine de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), qui produira les nacelles. Actuellement, ce site rassemble 400 salariés.

Le reste des investissements (une quarantaine de millions de dollars) sera orienté vers la recherche et le développement, notamment menée à Nantes, le siège de GE Renewable, qui rassemble 300 chercheurs, ingénieurs et autres commerciaux. GE devrait en particulier produire en France le prototype de cette nouvelle éolienne pour le deuxième trimestre 2019. L’arrivée effective sur le marché de cette mégaturbine est prévue en 2021.

Cet engagement en France de la part de General Electric est aussi une manière d’utiliser activement des investissements réalisés dans un autre contexte. En 2011, EDF Energies nouvelles, en partenariat avec Alstom à l’époque, avait remporté trois appels d’offres à Fécamp (Seine-Maritime), Courseulles-sur-Mer (Calvados) et Saint-Nazaire.

L’usine de Saint-Nazaire a été dimensionnée pour répondre à la construction de ces parcs. Le retard considé­rable, pris notamment à cause des recours déposés par les opposants aux projets, a obligé l’usine à fonctionner à un rythme ralenti, et à se concentrer sur l’export. Elle a notamment assemblé cinq turbines pour un parc aux Etats-Unis ou produit des nacelles pour le marché chinois. Désormais, elle assemble des éoliennes pour un marché en mer du Nord.

Siemens Gamesa, partenaire d’Engie pour un parc éolien au large du Tréport (Seine-Maritime) et d’Iberdrola, au large de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), a lui prévu d’investir au Havre dans une usine de même type. Mais il dit attendre que le ciel se dégage du côté des recours pour mettre en œuvre son investissement.

Baisse des coûts

Si GE place ses espoirs dans cette turbine de grande taille, c’est parce que le groupe américain espère qu’elle pourra mieux répondre aux besoins du marché de l’éolien offshore, dont les coûts diminuent de manière continue. Entre 2015 et 2017, ils ont par exemple baissé de 50 % au Royaume-Uni, l’un des pays en pointe en Europe.

Plusieurs raisons expliquent cette tendance lourde, et notamment la mise en place dans certains pays d’une chaîne logistique et industrielle qui permet des économies d’échelle. Au Royaume-Uni ou en Belgique, certains ports se sont spécialisés dans les infrastructures pour l’éolien (sites de maintenance, de production de pales, etc.).

Alors que l’éolien offshore est très subventionné, l’arrivée de machines plus puissantes pourrait aider le marché à mûrir et ­contribuer à accélérer cette baisse des coûts. « D’une part, pour une puissance donnée, on aura moins de turbines à installer, et donc cela fera baisser le coût de production. D’autre part, cette éolienne sera 30 % plus grande que ses concurrentes, et développera une capacité de production inédite. Elle devrait fonctionner 63 % du temps, contre un peu plus de 50 % pour les éoliennes aujourd’hui sur le marché », ­explique Jérôme Pécresse, PDG de GE Renewable.

Avec une projection de croissance de 17 gigawatts (GW) à plus 100 GW dans les douze prochaines années, le marché de l’offshore est en expansion. Il représentera à court terme 20 % du marché de l’éolien mondial.

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s