Est-on en période de déflation (exposé mars 2015)

Exposé.

Est-on en période de déflation (mars 2015) ?

Déflation ou désinflation :

La déflation, les politiques n’ont plus que ce mot à la bouche. Mais selon certains économistes, la France serait plutôt en désinflation. Quelle différence existe-t-il entre déflation et désinflation ?

Qu’est-ce que la déflation ?

La déflation est « une période économique caractérisée par une baisse généralisée et persistante des prix ».

Mais qu’entend-on par « généralisée » et « persistante » ?

La baisse généralisée concerne le prix des biens et des services ainsi que les salaires.  Elle est persistante parce qu’elle dure plusieurs trimestres et non quelques mois.

La désinflation est quant à elle un ralentissement de l’inflation donc, une l’inflation continue, mais, à un taux moins élevé. Le niveau général des prix augmente moins vite.

Le risque d’inflation négative existe, mais il ne préjuge pas pour autant d’une entrée en déflation.

Depuis 2012, l’inflation en zone euro diminue de façon quasi continue.  En novembre 2014, celle-ci était de seulement +0,3%, contre +1,6% durant l’été 2013 et +2,6% en août 2012, soit une baisse du taux d’inflation de 2,3 points en deux ans.

Cette croissance est très éloignée des anticipations de la Banque centrale européenne et des agents économiques qui visent une inflation proche mais inférieure à +2%.

Toutefois même si le taux d’inflation recule, il reste toujours positif.  La France se trouve donc en désinflation qui désigne un phénomène de ralentissement de l’inflation, et non pas en déflation.

Historiquement, cette situation s’est déjà produite. En effet, les évolutions très volatiles des prix de l’énergie et de l’alimentaire ont parfois conduit l’inflation à s’écarter de la cible de la BCE.

En 2008, la très forte hausse du prix du pétrole avait notamment poussé l’inflation jusqu’à +4,1%, tandis que sa forte baisse en 2009 l’avait amené temporairement à -0,4%.

Cependant, aujourd’hui, le pétrole et l’alimentaire ne sont pas les seuls facteurs de cette évolution. L’inflation sous-jacente (hors variations du prix du pétrole et des produits alimentaires) s’élève ainsi à +0,7% en novembre. Elle est au plus bas.

De plus, nous pouvons constater que le prix de nombreux produit est en baisse. En effet, la baisse de l’inflation constatée depuis mi-2012 en zone euro, résulte tout particulièrement des prix des produits manufacturés dont le recul s’est accentué. Il contribue pour -0,6 point à la baisse de 1,0 point de l’inflation sous-jacente entre juillet 2012 et novembre 2014.

Le ralentissement des prix des produits manufacturés concerne bien évidemment la France.  Ainsi, l’évolution des prix des produits manufacturés a reculé de 1,9 point à – 0,3% en France, malgré l’effet des hausses de TVA au premier janvier 2014, qui est passée de 19,6 à 20%.

La désinflation observée depuis 2 ans, peut être attribuée à la modération des prix d’importations des produits manufacturés en raison de la forte concurrence mondiale sur ces produits. Elle peut être aussi attribuée à la sous utilisation des capacités productives.

Quelles sont les causes de ce phénomène ?

Trois éléments peuvent expliquer la récente désinflation :

  • La modération des prix des matières premières importées, industrielles et alimentaires, puis du pétrole à partir de l’été 2014.
  • L’appréciation de l’euro a amplifié le mouvement de baisse des prix des matières premières, mais aussi ceux des produits finis importés par les pays de la zone euro.
  • La faible utilisation des capacités productives, capital et travail, a pu peser sur les marges des entreprises et le pouvoir de négociation des salariés.

En effet, nous pouvons constater que la baisse de l’inflation des prix d’importations depuis mi 2012 correspond environ à la moitié de la désinflation observée.  Cet impact est lié à la variation du prix du pétrole sur cette période (pour 2/3), et à la variation du taux de change effectif (pour 1/3).

De plus, dans tous les pays la faiblesse de l’utilisation des capacités productives du travail et du capital a également contribué à réduire l’inflation.  En France, cette contribution à la baisse de l’inflation est évaluée à environ 0,5 point.

En cas de déflation, une spirale déflationniste peut s’installer. Dans ce cas, les ménages tiennent pour acquis que les prix vont continuer à baisser et reportent à plus tard leurs achats.  Les entreprises réduisent donc leurs coûts pour compenser les effets de la baisse d’activité sur leurs marges. Elles produisent moins, licencient, ce qui diminue les revenus distribués et la demande. Elles continuent à baisser leurs prix pour vendre. Un véritable cercle vicieux s’installe.

Sources : articles de presse.

 

 

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